Le point du vent,

C’était un point au bout d’une grande ligne

Un point balayé par le vent.

Derrière lui il y avait cette grande ligne,

Devant lui il y avait

Rien.

Si, le vent.

Le vent de noroît, le vent de suroît,

Le vent qui le griffait, qui le faisait suffoquer et étouffait ses cris.

Aussi, parfois dans les périodes de calme, de calme apparent, qui le caressait, mais c’était pour semblant. Aussitôt il repartait le vent à l’assaut du point, pour le réduire, le démolir, pour qu’il ne soit plus rien.

Rien, juste un point.

Un jour un enfant…

Mais était-ce bien un enfant ?

Peu importe, dans sa tête il l’était, même si les apparences…

On n’en a rien à faire des apparences.

Cet enfant eu l’idée de faire un cerf-volant qui partirait du point pour prolonger la ligne ;

Il bâtit donc un cercle décoré de papier, au bout d’un long fil qu’il accrocha au point, il entoura-le tout d’une ribambelle de feuilles, il prit des ciseaux et découpa un escalier pour pouvoir aller sur son cerf-volant quand il le désirait.

Un jour il y monta.

Quand le vent vit ce point qui avançait vers lui, il se fâcha et tourna si fort tout autour du fil qu’il le cassa, seulement comme ça, pour le plaisir, pour dire c’est moi le vent.

Le point n’est rien. RIEN.

Et l’enfant ?

L’enfant était tombé de son rêve, et vous le savez bien quand on tombe d’un rêve, on ne se fait pas mal, enfin pas vraiment.

Mais cet enfant là…

Au fait, était-ce bien un enfant ? Un seul, je ne sais pas ?

Ils étaient peut-être plusieurs.

Donc, des enfants se dirent, tous ensemble, il faut faire quelque chose. On ne va   pas rester toujours sur ce point au bout de cette grande ligne, face au vent. Nous allons construire un pont volant !

Certains dirent, un pont c’est fait pour aller d’un point à un autre, nous, nous sommes au bout d’une ligne, après il n’y a plus rien, rien que le vent.

Ce pont ne tiendra pas.

Mais si puisqu’il sera volant !

Un pont volant ?

Ces enfants sont fous !

Ces enfants…Mais était-ce…

C’est le vent qui les rend fous.

Certains dirent, il faut détruire le vent.

C’est impossible.

Alors il faut le faire souffler vers un autre point !

Quelqu’un dit : il faut parler au vent.

Mais ce n’est pas possible, avez-vous déjà crié dans le vent, sous le vent, c’est     pareil, le point entend, le vent non.

Construisons tout de même ce pont volant, peut-être qu’une fois là-haut on trouvera un autre point, un autre plus loin, plus loin que le vent.

Ils se mirent à bâtir tous ensemble un pont volant ;

Ils étaient nombreux.

Ils ne savaient pas comment s’y prendre. 

Chacun avait une idée, son idée, jamais ils n’arrivaient à se mettre d’accord.

Et le vent ?

Le vent soufflait toujours, on aurait dit qu’il riait de voir le point s’agiter au bout de la grande ligne. Le point ne riait pas, le point pensait, il rêvait et dans son rêve il bâtissait. Une ligne ?

Non, des points. Une multitude de points que chacun s’était mis à crier dans son rêve.

Le rêve peut devenir réalité si l’on s’y accroche très fort.

Le saviez-vous ?

Chaque enfant bâtissait dans son rêve un morceau du pont volant.

Une multitude de points s’éparpillèrent ainsi dans le vent, faisant comme une ronde…

Et le vent !

Le vent balaya la scène, les éclairs déchirèrent le ciel, il y eut trois coups de tonnerre, et le pont dans le vent s’envola…

Les enfants se mirent à rire très fort et à tourbillonner si vite, vite que le vent dépassé par cette effervescence voulut participer à la danse.

Il souffla dans le cerf-volant afin qu’il monte très haut dans le ciel, sans se briser, il fit se gonfler la voile et le bateau partit vite, très vite, glisser dans les vagues,

Il fit…

Il fit que tout le monde l’aima très fort.

Et le point ?

Face au vent, le point enfin

Se sentit bien…

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