Partis, vous êtes partis, loin du pays, la terre chaude pleine du lait maternel n'est plus qu'un souvenir, adieu, adieu à ceux que vous aimez, douleur, ne pas se retourner, pleurer tout bas le soir, rire au matin de rien, marcher longtemps, marcher la peur au ventre, dans les champs ravagés, les bois, la brousse, le désert, au départ ce n'était qu'un rêve, partir vers un monde meilleur ? Partir pour ne plus souffrir, une parcelle de rêve au fond de vos yeux encore emplis d'enfance, toujours plus loin partir, quitter l'endroit où la veille vous vous êtes posés, un instant, une année, d'une main à l'autre partager un peu de chaleur humaine, parfois, amitié éphémère, parfois, cris et coups, et puis un jour il y a la mer, de ce côté du monde elle est noire, noire la mer azur? elle est noire paraît-il quand on la regarde depuis les côtes libyennes, sur le bateau vous étiez trente, trente,vous êtes partis avant que le jour ne se lève, le moteur du zodiak peinait à avancer dans les vagues sombres, murmure des fantômes, ce jour là personne ne s'est noyé,

un jour dans une ville froide et grise vous êtes montés dans un tramway sans billet, pour partir où? Madame où dois je aller? Ici je ne connais personne,

personne n' a répondu.

 

Chantal Bideau décembre 2017

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